La foi en la Trinité sainte doit tout à ce que nous en a dit Jésus, Verbe de Dieu, Messie envoyé par Dieu Lui-même pour faire et accomplir sa volonté divine. Il y eut bien d'autres intervenants de la part de Dieu avant Jésus, que le commun des mortels a appelé aussi Messie, (comme certains prophètes, et même certains rois, David en fut un exemple frappant. Mais, se démarquant de tous ses coreligionnaires, Jésus nous révèle l’extraordinaire relation qui l’unit à celui qu’il désigne et appelle « PÈRE ».
Quand Jésus parle de Dieu, il ne le fait pas comme un maître de philosophie. Sa révélation se manifeste à travers ses paroles et ses actes : il enseigne et annonce le royaume, console, guérit, chasse le Démon, et c’est précisément face aux pauvres, aux malades, aux infirmes et aux estropiés, ces malheureux confrontés aux diverses situations de la vie, que Jésus, lui aussi touché par ces réalités, laisse entendre et entrevoir la Bonne Nouvelle de la venue du royaume de Dieu.
C’est en référant alors tous ses actes et toutes ses pensées à Dieu, c’est-à-dire en dévoilant sa propre relation à Lui, Jésus, qu’il nous révèle qui est Dieu. L’important n’est pas tant de s’interroger sur la nature ou les propriétés de Dieu, mais de découvrir les liens si forts qui existent entre un homme, au demeurant semblable à nous, et celui qu’il appelle « ABBA », le désignant ainsi comme son PÈRE. En effet, à ses interlocuteurs, Jésus parle de Dieu en usant d'un titre qui lui est naturel entre tous, celui de « PÈRE ».
Si selon Jésus, Dieu est son Père, celui-ci se présente donc comme son Fils. Il faut savoir que l’insistance sur la filiation n’est pas nouvelle en Israël, déjà l’expression fils de Dieu désignait les rois (ceux qui étaient oints par les prophètes), et même collectivement le peuple élu tout entier. L’Esprit de Dieu était aussi une réalité spirituelle connue et éprouvée.
Pourtant, la pratique de Jésus peut surprendre. Jusqu’alors on reconnaissait et donnait à Dieu un nom qui lui était propre, mystérieux et imprononçable, qui lui était exclusivement réservé. Avec Jésus, « PÈRE », « FILS » et « ESPRIT » deviennent des noms propres de Dieu. Or, ces noms appartiennent tous aux réalités les plus humaines et les plus existentielles.
La paternité, d’où vient la vie, la filiation vis-à-vis des géniteurs qui conduisent à la fraternité (fratrie), et l’esprit, défini comme notion aux contenus multiples, mais qui tous désignent d’une façon ou d’une autre l’essence même de l’humain à proprement parler.
Ainsi, si Dieu investit la sphère des relations humaines, il le fait cependant d’une manière toute particulière. En effet, nul homme ne naît père, il le devient à l’âge adulte et sous certaines conditions, Or, selon Jésus, Dieu est Père depuis toujours. Il est de son identité propre la plus profonde d’être PÈRE. Il en va de même pour l’Esprit, terme qui désigne parfaitement Dieu, sans qu’il faille recourir à d’autres qualificatifs.