La Très Sainte Trinité



Chapitre 2

Saint Marc

Communément accepté par les Pères de l'Église, découvrir ou redécouvrir le premier Evangile écrit par St Marc, d’après son écoute pendant la prédication de St Pierre à la communauté ecclésiale naissante de Rome.

Saint Matthieu

Ce collecteur d’impôts à Capharnaüm est celui qui met le plus en valeur par ses écrits la continuité entre l’Ancienne et la Nouvelle Alliance, afin de démontrer que Jésus est le Messie annoncé par les prophètes, attendu par Israël.  

Saint Luc

Sous la plume de ce médecin lettré, compagnon de ST Paul, la Bonne Nouvelle annoncée chante un véritable cantique de grâce et d’amour, avec joie et optimisme, nous rapportant les détails de la Sainte Famille, depuis l’Annonciation, la naissance et l’enfance de Jésus.

Saint Jean

Intime du Christ, ses écrits sont un éblouissant témoignage de la vie du Messie, de sa transfiguration, des miracles accomplis, de l’agonie, de la mort de Jésus en croix, de sa mise au tombeau et de sa résurrection au matin de Pâques.

L'Esprit Saint

Qu'est ce que l'Esprit Saint ? Comment l'expliquer ?
Comment se manifeste t-il ?
Essayons ensemble d'y voir plus clair.

Jésus

Spontanément, lorsque vous pensez à Jésus ou quand vous parlez de Lui, comment l’appelez-vous ?
Jésus, Christ, Seigneur, Dieu, …ou autrement !

Chapitre 2

La très sainte Trinité

la sainte trinité

La foi en la Trinité sainte doit tout à ce que nous en a dit Jésus, Verbe de Dieu, Messie envoyé par Dieu Lui-même pour faire et accomplir sa volonté divine. Il y eut bien d'autres intervenants de la part de Dieu avant Jésus, que le commun des mortels a appelé aussi Messie, (comme certains prophètes, et même certains rois, David en fut un exemple frappant. Mais, se démarquant de tous ses coreligionnaires, Jésus nous révèle l’extraordinaire relation qui l’unit à celui qu’il désigne et appelle « PÈRE ».
Quand Jésus parle de Dieu, il ne le fait pas comme un maître de philosophie. Sa révélation se manifeste à travers ses paroles et ses actes : il enseigne et annonce le royaume, console, guérit, chasse le Démon, et c’est précisément face aux pauvres, aux malades, aux infirmes et aux estropiés, ces malheureux confrontés aux diverses situations de la vie, que Jésus, lui aussi touché par ces réalités, laisse entendre et entrevoir la Bonne Nouvelle de la venue du royaume de Dieu.
C’est en référant alors tous ses actes et toutes ses pensées à Dieu, c’est-à-dire en dévoilant sa propre relation à Lui, Jésus, qu’il nous révèle qui est Dieu. L’important n’est pas tant de s’interroger sur la nature ou les propriétés de Dieu, mais de découvrir les liens si forts qui existent entre un homme, au demeurant semblable à nous, et celui qu’il appelle « ABBA », le désignant ainsi comme son PÈRE. En effet, à ses interlocuteurs, Jésus parle de Dieu en usant d'un titre qui lui est naturel entre tous, celui de « PÈRE ».
Si selon Jésus, Dieu est son Père, celui-ci se présente donc comme son Fils. Il faut savoir que l’insistance sur la filiation n’est pas nouvelle en Israël, déjà l’expression fils de Dieu désignait les rois (ceux qui étaient oints par les prophètes), et même collectivement le peuple élu tout entier. L’Esprit de Dieu était aussi une réalité spirituelle connue et éprouvée.
Pourtant, la pratique de Jésus peut surprendre. Jusqu’alors on reconnaissait et donnait à Dieu un nom qui lui était propre, mystérieux et imprononçable, qui lui était exclusivement réservé. Avec Jésus, « PÈRE », « FILS » et « ESPRIT » deviennent des noms propres de Dieu. Or, ces noms appartiennent tous aux réalités les plus humaines et les plus existentielles.
La paternité, d’où vient la vie, la filiation vis-à-vis des géniteurs qui conduisent à la fraternité (fratrie), et l’esprit, défini comme notion aux contenus multiples, mais qui tous désignent d’une façon ou d’une autre l’essence même de l’humain à proprement parler.
Ainsi, si Dieu investit la sphère des relations humaines, il le fait cependant d’une manière toute particulière. En effet, nul homme ne naît père, il le devient à l’âge adulte et sous certaines conditions, Or, selon Jésus, Dieu est Père depuis toujours. Il est de son identité propre la plus profonde d’être PÈRE. Il en va de même pour l’Esprit, terme qui désigne parfaitement Dieu, sans qu’il faille recourir à d’autres qualificatifs.

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Ainsi, par ce biais, dans l'usage instauré par Jésus, Dieu entre dans le monde humain en étant dorénavant défini uniquement par le terme relationnel ABBA, qui signifie être PÈRE. Il faut reconnaître que de l’usage du nom Dieu comme entité lointaine, voire distante, de qui il fallait avoir une crainte, parfois disproportionnée selon la réalité qu’on nous en avait faite, à la nouvelle relation où nous instaure Jésus de l’appeler ABBA, et de le considérer comme PÈRE, est un véritable bouleversement dans la relation que nous pouvons avoir maintenant avec notre Créateur. 
Certes, il reste toujours le respect du divin à qui l’on s’adresse, et qui ne changera pas, car notre Créateur reste et restera toujours le Suprême, l’Unique, celui à qui l’on doit d’être ce que l’on est, mais la paternité qui nous est offerte par Jésus nous invite à une relation de proximité inexistante jusque-là. La filiation de l’amour.
Comment comprendre la relation d’amour que le Créateur instaura avec nous dès l’origine ? Le Dieu d’Israël, déjà, menait son peuple par des attaches humaines avec des liens d’amour (Os 11,3-4). Je guidais les pas d'Ephraïm, le soutenant par ses bras ; et ils n'ont pas vu que je les guérissais. Je les tirai avec des liens d'humanité, avec des cordages d'amour. Je fus pour eux comme celui qui aurait relâché le joug près de leur bouche, et je leur présentai de la nourriture. Contrairement à tout ce que l’on entend et ce que l’on en dit, Dieu n’est pas le vaste machiniste du cosmos. C’est dans le monde des sentiments au cœur de l’humain qu’il se révèle. 

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Au travers de divers sentiments, crainte, peur, estime, hostilité, désir fusionnel, amour, tous se ramènent à un unique sentiment, l’Amour, mêlé souvent de son envers, la haine. Jésus, quand il veut rappeler la Loi, la définit avec un seul commandement, celui de l’Amour : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme, de toute ta force et de tout ton esprit » (Mt 22-37). C’est donc à partir de cet amour que se déclinent toutes les modalités de la relation entre Jésus et son Père.
On trouve dans les propos de Jésus, surtout dans ceux que rapporte l’évangéliste Jean, une description insistante et pleine de finesse sur les prévenances et les délicatesses de l’amour mutuel : absence de rivalité, présence indéfectible, attention à l’autre, respect de l’identité de chacun, confiance sans limite, souci d’accomplir la volonté de l’autre, discrétion, effacement devant l’autre. La liste ne s’arrête pas là, et pourrait être plus longue encore.
Tout cela peut se résumer dans la prière de Jésus : « Je te loue, Père, Seigneur du ciel et de la terre, de l'avoir caché cela aux sages et aux savants ainsi qu’aux intelligents et de l’avoir révélé qu’aux tout-petits. Oui, Père, Tu en as ainsi décidé et disposé dans ta bienveillance. Tout m’a été remis par mon Père et nul ne connaît le Père si ce n’est le Fils et celui à qui le Fils veut bien le révéler. (Mt 11,25-27). Ainsi, le Père, l’Esprit Saint et le Fils sont aperçus chacun et tous trois ont échangé dans l’exultation de l’action de grâces. (Lc 10,20).
Le véritable amour pour le Christ s’exprime dans un amour double. St Jean, méditant sur la venue dans notre humanité du Fils de Dieu, sur la vie de Jésus, sa Passion, sa Résurrection, a pu dire que Dieu est amour. « Celui qui n’aime pas n’a pas connu Dieu, car Dieu est amour. » (1 Jn 4,8). Ainsi donc, les disciples de Jésus se trouvaient d’emblée devant la révélation d’un double amour. L'amour de Jésus pour les humains est révélé par le don qu'il a fait de sa vie, tandis que son amour en tant que Fils pour son Père se manifeste dans sa Passion et sa Prédication.
Le propre de l’amour est d’être inépuisable. Sans doute est-ce là la plénitude de l’amour qu’ont découvert les auditeurs de Jésus ainsi qu’en premier ses disciples, lorsque celui-ci les entretenait en aparté. Ils découvraient ainsi qu’ils devenaient les bénéficiaires de cette plénitude d’amour. Se sont-ils seulement rendu compte de cela ? On peut imaginer qu'ils ont compris cela, mais probablement bien plus tard, comme en témoigne sa résurrection.

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Jésus, comme Fils et Messie, a tout reçu du Père ; en effet Il ne garde pas jalousement pour Lui cet amour et prie pour « ceux qu’Il a reçus du Père », ose même demander à son Père « que l’amour dont Tu m’as aimé soit en eux et moi en eux » (Jn 17,26). Cette demande de Jésus, magnifique prière appelée sacerdotale, a été recueillie par l’Église. Nous la retrouvons très souvent à plusieurs moments de notre liturgie.
Cette prière nous entraîne dans une méditation que nous devons sans cesse reprendre : « Jésus, Verbe de Dieu, est venu de Dieu et peut, dans un cœur à cœur avec nous, par le cœur, nous introduire dans la révélation de l’amour qui l’unit, comme Dieu, à son Père par l’Esprit. » Tout est dit dans sa prière au Père :
« Comme mon Père m’a aimé, moi aussi je vous ai aimés ». De même que : « Je demeure dans cet amour dont je suis aimé par mon Père, ainsi, vous y restez de mon côté. Cet amour pour ma part, c’est observer ce que mon Père m'a dit de faire. C’est de vous aimer jusqu’à donner ma vie pour vous en laissant agir en moi l’amour que je reçois du Père.
Ainsi donc, vous êtes associés à cet échange d’amour qui est total entre le Père et Moi, dans l’Esprit. Laissez agir en vous l’amour que vous recevez de moi, comme moi je le reçois de mon Père. » « Accueillez ainsi l’Esprit d’amour que je vous apporte, répandez et partagez cet amour en vous aimant les uns les autres.
» 
Ainsi nous pouvons le dire sans le prononcer, le mot TRINITE. Nous avons ainsi franchi comme un portique invisible le seuil de ce que nous pouvons apercevoir, entrevoir et recevoir par les Évangiles du « mystère » de la vie d’amour qui est en Dieu. Le problème de l’existence de la Trinité et de sa nature, le Nouveau Testament ne l’envisage pas pour lui-même ; le mot, par lui-même, est absent de toute l’Écriture. La Bible dans son intégralité ne le mentionne pas. Mais, ce mot ne lui est pas non plus surajouté ! Car, nous le discernons, il est sous-jacent ; il nous appelle ainsi à y réfléchir, à nous approcher au plus près du « mystère » qui est « caché en Dieu » et révélé en Jésus-Messie, et par lui.
Nous constatons, bien qu’invisiblement, que nous pénétrons dans le mystère de Dieu parce que, préalablement, ce mystère nous pénètre et nous habite. Ainsi Dieu lui-même, par sa propre volonté, nous éclaire sur lui-même. C’est en accueillant le Fils de Dieu, notre Sauveur et notre Frère, que l’Éternel se manifeste à nous sous le vocable de « Père, Fils et Esprit », qui s’invitent à notre table et nous font place « chez lui ».

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C’est ce legs que nous a laissé Jésus en commençant par ses disciples, Lui qui l’a reçu de l’Esprit du Père (Ac 2, 33). Il le répand sur eux et leur dit : « Tout pouvoir m’a été donné au ciel et sur la terre. Allez donc, de toutes les nations faites des disciples et baptisez au nom du Père, du Fils et de l’Esprit Saint, et en leur apprenant à observer tout ce que je vous ai prescrit. » « Et voici que je suis avec vous au quotidien, et jusqu’à la fin des temps ». (Mt 28, 16-20).
Nous pouvons donc constater de manière précise que la relation qui unit, de façon tout à fait unique, Jésus (appelé Fils de l’homme) dans son humanité au Dieu du peuple d’Israël est avant tout une relation d’amour. C’est au baptême de Jésus, au Jourdain, que l’Esprit se manifeste sur Lui, envoyé par le Père, et que la voix déclare de façon nette, claire et précise : « celui-ci est mon élu, en qui j’ai mis toute ma complaisance, écoutez-le », prononcée par son cousin Jean le Baptiste. Ainsi, Jésus reçoit de l’Éternel en personne sa notoriété de Messie, qui se révélera au fil du temps comme le Verbe de Dieu lui-même, qu'il désignera par ses propres paroles comme Fils, car il parle de Dieu comme son Père.
Le mystère de la relation de Jésus avec le Père et le Saint-Esprit se laisse voir dans l’acte d’une prière. Relisez l’hymne de jubilation en Luc 10, 21-32. La relation entre eux devient une relation trinitaire par excellence, car indissociables les unes des autres. C’est dans notre humanité que le souffle de l’Esprit s’exerce sur Jésus dans sa mission qu’il exerce avec zèle.
Chaque prière que Jésus adresse à Dieu, son Père, est d’inspiration trinitaire. Tout le Nouveau Testament en reflète la dimension unique. Jésus, ainsi nous a montré comment prier ! Notre prière s’inspire-t-elle de sa dimension ? Lorsque nous prions, à qui nous adressons-nous ? Il serait souhaitable de clarifier notre approche de la prière au Ciel, afin de savoir vers qui nous nous tournons, en évitant tout favoritisme, et en déterminant à qui s'adresser en premier.
Jésus est assis maintenant à la droite du Père. L’Esprit qui les unit est Saint tout en s’unissant à eux. Ainsi, l’Éternel, Son Verbe et la Sagesse divine, reliés en et par l’amour, ne font plus qu’un. Notre prière, sans aucune crainte, doit donc s’adresser aussi bien au Père, qu’au Fils, qu’à l’Esprit. La sanctification est totale et plénière entre eux sans distinction de personne. C’est ce qu’est et représente la TRINITÉ.
Ceci termine le chapitre deuxième de cet exposé sur le mystère de la Très sainte Trinité.  


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