Par ce modeste geste, nous faisons, sans que nous nous en rendions compte, plus de théologie qu’il n’y paraît.
Nous affirmons ainsi nous reconnaître fils ou fille du Père bien-aimé, frère ou sœur de Jésus, qui comme Christ de Dieu est le temple par excellence de l’Esprit Saint.
Ainsi je spécifie que tout mon être, dans son histoire, comme ma vie, est présence de DIEU, car elle l'est, auprès de DIEU.
. Ainsi, le Père, le Fils et le Saint-Esprit me révèlent que la foi n'est pas simplement croire en LUI ; c'est d'abord reconnaitre que LUI, Dieu notre Père, croit en moi. En retour, je peux croire en LUI, car il me révèle qu'IL m'aime et qu'au nom de cet Amour, il dépose en moi le signe et la présence de son inexprimable Amour, qui se manifeste par sa propre présence en moi.
Le lieu reconnu où le Fils a le plus aimé le Père, pour nous chrétiens, est sur la croix. Par son obéissance, son acceptation à mourir pour nous sauver, remettant tout entre les mains du Père, y compris son Esprit ; en déposant sur mon corps ce signe de croix, pour que là aussi, dans mon être comme dans mon histoire, m’identifiant au Christ, DIEU, Père bien-aimé et Tout-Puissant m’aime aussi. Ainsi, par ce signe de croix sur mon corps, j'exprime que celui-ci est entièrement habité par la TRÈS SAINTE TRINITÉ.
Le signe de la croix a sans doute existé chez les premiers chrétiens comme marque de leur identité (comme le symbole du poisson représentait l’ensemble des chrétiens partout dans le monde, et encore de nos jours), et ils le traçaient souvent sur leur front. Ce n’est qu’au deuxième siècle que ce signe apparaît en association avec les paroles trinitaires. Au troisième siècle, il est associé au baptême. Le large signe de croix tracé sur nous en partant du front, de la poitrine et des épaules apparaît bien plus tardivement. Longtemps ce geste précédait et terminait la lecture de l’Évangile, et encore aujourd’hui il précède le chant des cantiques tirés de l’Évangile. C’est un geste liturgique fondamental de la foi et surtout de la prière chrétienne, il ouvre et ferme la célébration eucharistique et les louanges liturgiques).