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Il y a, dans la littérature, autre que le philosophe Olivier Boulnois que tu cites, nombre d’auteurs qui se sont exercés à vouloir s’évertuer à donner une explication plus ou moins plausible de cette cause à effet de ce que nous définissons comme la liberté. Je ne dis pas et ne conteste pas que Olivier Boulnois ait une approche intéressante sur ce propos, mais que porte-t-il de plus que les grands maîtres qui se sont appliqués à cette définition ? Si ce n’est que son propre point de vue, qui sera toujours, plus ou moins discutable.
Épictète, Calliclés, Platon, et bien d’autres, pour les plus anciens, Descartes, Spinoza, Sartre, Kant, Bergson, pour ceux qui sont plus près de nous et pour ne citer que cela, ont de façon philosophique et dira-t-on de façon stoïcienne tenté une approche plutôt sceptique de cette réalité « dogmatique » qui s’implique, non au croyant, mais comme épicuriens, à un ensemble collectif ou le discernement de plusieurs facteurs rentrent en jeu, pour que la vertu fondamentale de cette liberté soit réfractée dans une disputation de causalité aux effets plus ou moins controversés selon l’idéologie propre à chacun des protagonistes cités plus haut, laissant finalement peu de place à notre propre interprétation.
Mais s’il nous faut philosopher sur cette question fondamentale de la liberté propre à chacun, pour nous croyant, il est important et nécessaire de la faire de façon théologique, car nous ne devons jamais mettre de côté que notre liberté première et fondamentale nous vient directement de l’Éternel, Créateur de l’universalité de toute chose à laquelle chacun de nous est rattachée par filiation et souverainement au Christ par la fraternité causée par son humanisation dans son acte salvifique.
La liberté (ou le libre arbitre) nous a été donnée non pour nous différencier comme individu indépendant, puisque dès le début de notre humanisation, selon la Genèse, l’homme fut affublé par la déduction de son intelligence d’un autre être de sexe différent, auquel l’Éternel donna sa bénédiction, pour la continuité de son économie Divine, malgré leur transgression à sa créativité.
Suite à sa transgression, l’humain fut ancré dans la nature terrestre et par cause à effet, dans la multiplication des individus, en est venue à devoir vivre en société avec ses semblables. Donc dirons-nous en première logique que notre esprit ne peut pas nous rendre indifférents à l’égard de la connaissance que nous avons de tout ce que représente cette réalité. La socialité.
Être libre, peut donc se définir d’un agir selon la nécessité de sa propre nature, et en s’exprimant en tant que tel, obéir par nécessité en droite raison, pour articuler sa liberté individuelle a la liberté collective. C’est là qu’intervient la moralisation de notre intervention dans l’articulation de notre pensée, pour que l’humain, qui veuille être libre, ne veuille et ne fuie rien de tout ce qui dépend des autres. Le dicton ne dit-il pas la liberté de chacun s’arrête là, ou commence celle des autres !
Nous avons selon les critères les plus fondamentaux besoin d’un espace dit de liberté, au sens propre du mot, pour lequel chacun de nous est libre d’y faire pénétrer un ou d’ autres êtres vivants, (épouse, enfants, amis) ou bien de le ou les maintenir éloignés (ennemis de toutes sortes) hors de notre espace nécessaire de vie ou notre respiration impose sa dimension.
Nous pouvons en déduire qu’intelligemment, la connaissance de notre liberté, consiste à la libre disposition de soi-même en vertu de la responsabilité qu’elle implique. Nous sommes responsables de nos actes, dès qu’ils sont posés, et ce, jusqu’à la fin de notre vie terrestrement parlant. Que ces actes soient en bien ou en mal, que nous ayons eu bonne initiative ou commis une erreur, manifestation aussi de notre liberté !
D’où l'absolue nécessité de s’appliquer à déterminer de façon la plus rationnelle que possible, dans toutes les actions ou événements ou s’impliquera notre vie, en fonction de la liberté que nous aurons prise vis-à-vis de notre prochain, ce qui sera le bien le plus probable vis-à-vis de l’individualité comme de la collectivité.
Il est fondamentalement important dans notre appartenance à notre filiation divine, de ne pas tomber dans le plus bas degré de la liberté qui est celui où nous nous déterminerions aux choses auxquelles nous serions indifférents, matérialisés par un individualisme exacerbé, à la limite du despotisme, dans l’ignorance totale vis-à-vis de tous ceux qui nous entourent. Ce serait renier notre universalité ! C’est ce à quoi s’évertue de faire le Malin, hélas pour notre perte non seulement de la liberté acquise divinement mais aussi temporellement.
Il est aussi important de faire la différence entre la liberté civile qui est à opposer à la liberté dite naturelle, qui est la capacité de faire absolument tout ce que l‘on veut, sans aucune limite, soit-elle au détriment de l’autre. Le problème qui se pose alors est, qu’assez vite, si tout le monde peut faire absolument tout ce qu’il veut. C’est alors la loi du plus fort qui régnera et par définitions, même les plus forts, ne resteront pas très longtemps libres ; ce qui prouve que la liberté naturelle qui semble de prime abord fort intéressante, n’est à terme qu’une illusion.
Je ne parlerai pas ici de la liberté politique, le chantier serait trop vaste à épiloguer et qui aboutirait inévitablement à la démocratie où les propres règles promulguées seraient inévitablement à suivre pour une bonne entente de la collectivité en général.
Peut-on dire aussi que notre liberté c’est de pouvoir faire des choix sans être influencé en faisant usage de notre volonté et aussi de notre raisonnement, dans la mesure où nous avons suffisamment réfléchi un minimum dans la pensée obligatoire de notre conscience, avant de faire notre choix issu de notre psyché !
En parlant de notre liberté propre, il est évident que nous sommes libres, car nous ressentons ce sentiment de liberté quand nous devons prendre une décision personnelle, et nous savons qu’il dépend de nous de faire des choix et que nous serons toujours responsables de ces choix. Tout acte posé, entraîne une astreinte.
Mais en conscience, lorsque l’on parle de liberté, on pense d’abord à la liberté d’action et du choix de ce que l’on veut faire. Avoir la liberté de réaliser notre propre volonté sans contrainte ni obstacle, où rien ne m’empêche d’agir ! Mais être libre, implique être maître de soi-même, c’est-à-dire résister à ses propres impulsions, (désirs, passions), pour faire en toute bonne logique, ce qui est dans notre intérêt, sans enfreindre la liberté d’autrui, car notre autonomie implique notre capacité à se donner nos propres règles.
Être libre, signifie-t-il que tout est permis ? Mais même si tout est permis, tout n’est pas bon, tout n’est pas utile, tout n’édifie pas, et il faut savoir être fort pour que rien ne puisse nous dominer ! Ainsi l’hypothèse d’un libre arbitre est la capacité souveraine de notre volonté de choisir, de décider et d’agir sans autre cause qu’elle-même, à l’opposé d’un postulat déterminant strictement que toutes décisions sont supposées aux effets d’un processus que nous ignorerions !
Je terminerai cet exposé par un point central de notre foi où je fais appel à toute votre logique ainsi qu’a tout votre discernement. Je poserai donc trois points fondamentaux sur la liberté en vertu de notre adhésion au Verbe de Dieu, comme Christ rédempteur de notre cause qui était perdue.
En voici donc les propos. Ils s’imposent dans l’entendement en toute conscience de notre liberté afin de déterminer et de définir si son action est souveraine en nous ou non !
L’Éternel, a-t-il librement choisi notre salut malgré notre déchéance, ou s’est-il senti obligé d’intervenir en vertu de son désir premier de nous avoir créés à son image et a sa ressemblance ?
Jésus, son Verbe a-t-il librement accepté son œuvre salvifique ou s’est-il senti contraint en vertu de son existence dans la création de l’humain voulue par Dieu ?
Marie a-t-elle donné son "FIAT" en toute liberté (FIAT en latin se traduit par OUI en français) ou était ce par crainte d’une punition divine en cas de refus ? La liberté finalement ne serait-elle pas le résultat d’un immense acte d’amour ? Autrement dit, le trait d‘union qui nous uni à la Trinité toute entière, (Père, Fils et Saint Esprit) ainsi qu’à tous les esprits divins qui gravitent dans la magnificence céleste ?
Fraternellement en Christ.
Armand Scasso
Diacre permanent