Par une formule tardive, le modalisme a été combattu de 160 à 225 de notre ère, rappelant que le Fils procède du Père et envoie à son tour son Esprit. Il y a donc en Dieu une organisation, désignée en théologie par le terme « Économie divine ». C’est, selon le terme, d’une certaine façon, d’une pluralité en Dieu. Mais, simultanément, Tertullien affirme l’unité de substance divine, c’est-à-dire de la matière constitutive de Dieu. Il souligne cette unité en employant le mot « Tri-Unitas », soit Trinité, dont c’est le premier usage théologique. Cette expression n’est évidemment ni un « logo » au sens moderne du mot, ni une équation mathématique, mais une tentative audacieuse certes, pour synthétiser UNITÉ et TRIADE.
Pour désigner chaque membre de cette Trinité, Tertullien emploie le mot de « Personne divine ». En latin, ce mot, traduit du grec « hypostase », évoque curieusement le masque d’un acteur. Pourtant, on se trompe en n’y voyant qu’un mode d’être, comme le soutenait Sabellius. Son sens est plus fort que ce qu’il exprime. Le qualificatif personnel, mieux rendu par le terme grec, s’approche davantage de la réalité. Mais il ne faudrait pas le comprendre au sens actuel d’un sujet totalement autonome.
Sur le plan politique, le nouvel empereur Théodose demande à Grégoire de Nazianze de convoquer un concile à Constantinople, en 381. Le Credo de Nicée est repris dans son intégralité, et on y ajoute une affirmation sur le Saint-Esprit, concernant la substantialité qui le lie au Père et au Fils. Le Credo actuel ressort de l’ensemble de ces réflexions liées à ce second concile. Comme l’a écrit Grégoire de Nazianze, l’un des pères de ce concile, les trois personnes divines ne se distinguent ni par le temps, ni par le lieu, ni par la manière d’être, ni par l’action, ni par aucune des passions qu’elles semblent avoir à l’égard des hommes.
Elles diffèrent seulement par le fait que le Père est PÈRE, que le FILS est FILS et non PÈRE, et que l’Esprit Saint n’est ni le PÈRE ni le FILS, mais constitue une troisième personne de la Trinité. (De communibus notionibus). Des siècles durant, il a donc fallu chercher, dans l’intelligence de la foi, la cohérence entre quatre vérités indissociables. Le FILS est fils depuis toujours. De fait, il est donc Dieu. Éternellement, l’Esprit est suscité par le Fils en communion avec le Père. La divinité de l’ESPRIT est alors affirmée. Quatre vérités, toutes également importantes dans la hiérarchie des vérités, constituent ensemble l’Éternelle béatitude des élus de Dieu, selon la belle expression du dictionnaire Catholicisme (§ Trinité).