Lorsque les époux se donnent mutuellement le sacrement de l’amour par le don de leur propre vie, l’Église est le témoin de cet engagement, de ce don de réciprocité ; par le sacrement elle s’y associe dans une célébration de l’Alliance très expressive et, éventuellement, cœur d’une eucharistie, sacrement par excellence de l’amour de Dieu pour toute l’humanité au travers de ce couple présent dans cette action spécifique. L’amour que les conjoints manifestent est aussi l’amour du Christ pour l’humanité, mis en lumière dans l’Église et présenté comme une alliance conjugale. « Le Christ a aimé l’Église comme un mari aime son épouse. » (Paul Ep 5,25) La famille ainsi unie par le sacrement du mariage est bel et bien icône de la très Sainte Trinité d’Amour.
Considérant le bonheur du mariage, Tertulien écrit : « Où vais-je puiser la force de décrire de manière satisfaisante le bonheur du mariage que l’Église ménage, que confirme l’offrande, que celle la bénédiction. Les anges le proclament, le Père céleste le ratifie. Quel couple que celui de deux chrétiens, unis par une seule espérance, un seul désir, une seule discipline, un même service ! Tous deux, enfants d’un même Père, serviteurs du même Maître, rien ne les sépare, ni dans l’esprit, ni dans la chair. Au contraire, ils sont vraiment deux en une seule chair. Là où la chair est une, là aussi, un est l’Esprit. L’unité trinitaire est donc parfaite.
Tous dans l’Église du Christ et mystère, et si les funérailles ne sont pas un sacrement, la célébration chrétienne lui donne un caractère particulier. Profondément transformé par Vatican II, l’office des funérailles se conclut désormais par le « dernier adieu », où l’accent est mis sur la confiance en l’amour de Dieu pour tous les êtres qui sur cette terre sont ses enfants. Pour ce moment très fort et particulier, un des éléments les plus typiques est sans doute le chant : « Entre les mains de notre Père, où l’humain est appelé, du fond de sa misère, nous le laissons partir ». Le chant est suivi du signe de l’aspersion, auquel vient s’ajouter celui de l’encens, et se conclut par l’oraison du dernier adieu : « Nous espérons et croyons que nous ressusciterons ! En signe de cette foi, je bénis ce corps (aspersion) au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit ». Puis après l’encensement : « Seigneur notre Dieu, nous te recommandons notre (frère ou notre sœur selon le cas). Ton amour l'a accompagné tout au long de sa vie, délivre-le (la) maintenant de tout mal. Il (elle) a quitté ce monde qui passe, conduis-le (la) auprès de Toi, où il n’y a plus ni deuil, ni larme, ni douleur, mais la joie et la paix, avec Ton Fils, et l’Esprit saint pour des siècles des siècles… Amen. »
Terminons ce chapitre avec un sacrement tout particulier, le sacrement de l’ordre. Jésus, dans sa mission d’annoncer le royaume de Dieu, ouvert à l’humanité entière, a appelé parmi ses premiers disciples ceux qui poursuivraient son œuvre, à annoncer que le royaume du Père est là, présent, déjà en ce monde, et par toutes les nations à faire des disciples en les baptisant au nom du Père, et du Fils et du Saint-Esprit. Ce furent les apôtres. Par le sacrement de l’ordre, l’Église choisit et propose à Dieu Trinité ces continuateurs de la mission des apôtres, ces collaborateurs de l’ordre épiscopal, serviteurs de l’Évangile, et de la vie que Dieu partage dans l’Esprit, par Jésus son Christ, par le sacrement majeur de l’Eucharistie.