La Très Sainte Trinité



Chapitre 6

Saint Marc

Communément accepté par les Pères de l'Église, découvrir ou redécouvrir le premier Evangile écrit par St Marc, d’après son écoute pendant la prédication de St Pierre à la communauté ecclésiale naissante de Rome.

Saint Matthieu

Ce collecteur d’impôts à Capharnaüm est celui qui met le plus en valeur par ses écrits la continuité entre l’Ancienne et la Nouvelle Alliance, afin de démontrer que Jésus est le Messie annoncé par les prophètes, attendu par Israël.  

Saint Luc

Sous la plume de ce médecin lettré, compagnon de ST Paul, la Bonne Nouvelle annoncée chante un véritable cantique de grâce et d’amour, avec joie et optimisme, nous rapportant les détails de la Sainte Famille, depuis l’Annonciation, la naissance et l’enfance de Jésus.

Saint Jean

Intime du Christ, ses écrits sont un éblouissant témoignage de la vie du Messie, de sa transfiguration, des miracles accomplis, de l’agonie, de la mort de Jésus en croix, de sa mise au tombeau et de sa résurrection au matin de Pâques.

L'Esprit Saint

Qu'est ce que l'Esprit Saint ? Comment l'expliquer ?
Comment se manifeste t-il ?
Essayons ensemble d'y voir plus clair.

Jésus

Spontanément, lorsque vous pensez à Jésus ou quand vous parlez de Lui, comment l’appelez-vous ?
Jésus, Christ, Seigneur, Dieu, …ou autrement !

Chapitre 6

La très sainte Trinité

la sainte trinité

Commençons ce nouveau chapitre par une lettre lue à l’audience du 10 mars 1999 par le pape Jean-Paul II.
La Trinité, mystère divin qui nous interpelle et nous touche, parce que la participation à la vie trinitaire nous a été offerte à travers l’incarnation rédemptrice du Verbe et le don de l’Esprit Saint : « Si quelqu’un m'aime, il gardera ma parole, mon Père l’aimera et nous viendrons vers lui et nous nous ferons une demeure chez lui » (Jn 14,23). La réciprocité entre le Père et le Fils devient ainsi pour nous, croyants, un principe de vie nouvelle, qui nous permet de participer à la même plénitude de la vie divine : « Celui qui confesse que Jésus est le Fils de Dieu, Dieu demeure en lui et lui en Dieu » (1Jn 4,15). Le dynamisme de la vie trinitaire est vécu par les créatures de telle façon que tout converge vers Dieu le Père, à travers Jésus le Christ, dans l’Esprit Saint. C’est ce que souligne le catéchisme de l’Église catholique : « Ainsi toute la vie chrétienne est-elle en communion avec chacune des trois personnes divines sans aucunement les séparer. Celui qui rend gloire au Père le fait par le Fils et dans l’Esprit Saint.
Cette exhortation de saint Jean-Paul II est et reste d’actualité en constance dans toute l’Église universelle. Elle parle par sa bouche à toutes les générations qui l’entendent et qui nous précèdent. Elle précise ainsi : « Voici l’Église des enfants de Dieu. (Faisant allusion à la multitude qui la compose). Qui la voit peut trouver en elle, avec le reflet du Fils, celui du Père saint et miséricordieux, et celui de l’Esprit saint, plein de sagesse et d’amour. L’Église est en fait en soi un signe flagrant de l’amour trinitaire dans le monde.
Ainsi de multiple façons l’Église se veut signe de la communion des personnes divines. Nous verrons qu’elle l’est particulièrement par les sacrements qu’elle propose et par la vie spirituelle qu’elle suscite. Au cours de ce chapitre, nous rappellerons que c’est la sainteté de l’Église qui la rend signe de l’amour, puis nous observerons comment l’Église met en œuvre la charité et comment elle annonce aux autres l'amour trinitaire. L’Église de Jésus-Christ est sainte à cause du « Dieu trois fois saint », comme le spécifie l’Écriture.

la sainte trinité

C’est ainsi qu'il l’invoque le chant eucharistique : « Saint, Saint, Saint, le Seigneur, Dieu de l’univers… ». Elle est sainte parce que Dieu partage en elle la sainteté qui est en Lui, Lui qui est l’Amour, sans faille et sans limite, tout entier déposé dans le cœur humain de Jésus, son Verbe, son Messie, notre Christ, son Fils unique. À son tour, la sainteté qui est au cœur des fidèles du Christ reflète la sainteté que Dieu lui donne. Elle est ainsi révélatrice du mystère divin trinitaire. « Signe lumineux ». Telle est la sainteté vécue par notre temps, selon l’expression du pape Jean-Paul II dans son exhortation apostolique : (les fidèles du Christ, N° 17).
Nous sommes tous invités par Dieu, dans l’Esprit, à suivre et à imiter le Fils, reflet du Père. Cette vocation n’est pas réservée à une élite, ni à certains états de vie, comme peut-être la trop souvent cru dans le passé ; une pareille vocation, dit le pape, est un élément essentiel et indissociable de la nouvelle vie baptismale de tout chrétien et par conséquent un élément constitutif de la nouvelle dignité de tous les baptisés. Que ceux-ci ne me perçoivent pas comme une obligation exigeante et incontournable, mais comme un signe lumineux de l’amour infini du Père pour tous ses enfants. La vocation à la sainteté est intimement liée à la mission et à la responsabilité qui sont confiées aux laïcs dans l’Église de ce monde.

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Les saints ? Ce sont les grands, les anciens, mais aussi les hommes et les femmes, ces jeunes de toutes conditions, attachés à vivre tout l’Évangile durant toute leur vie. Le premier et le plus grand visage de l’Église annonciatrice et obéissante dans la plus stricte humilité est celui de Marie, icône de la Sainte Église. En elle, la Trinité Sainte a pris toute sa place.
L’amour venu de Dieu habite sa conscience et son cœur. Par elle l’amour de Dieu a pris chair, c’est pourquoi l’Église, reconnaissant Marie comme « Mère de Dieu » au concile d’Éphèse (431 ap. J.-C.), s’est donné une nouvelle clarté sur le mystère trinitaire. Qui voit Marie voit en elle les traits du Fils bien-aimé du Père est présent dans l’insondable mystère qui est en Dieu.
Situées alors dans le sillage même de la Trinité, la dévotion et la vénération de l’Église pour Marie ne risquent pas de s’égarer. Accueillons, parmi tant d’autres témoignages, cette prière de Sainte Catherine de Sienne :
« Ô Marie, temple de la Trinité… Ô Marie, char de feu, tu as porté le feu caché et voilé sous la cendre de ton humanité… Ô Marie, tu es devenue le livre où est écrite notre Loi. Aujourd’hui a été écrite en toi la Sagesse du Père Éternel… Ô Marie, bénis sois-tu à jamais entre toutes les femmes, car en ce jour tu nous as donné le pain de ta farine : la dignité a été unie et pétrie avec l’humanité si fortement que rien désormais, ni la mort, ni nos ingratitudes, ne pourront rompre l’union ». La splendeur de ce message témoigne et s’adresse à toute l’humanité sans exception. 
Voici une grande et belle prière qui s’offre à nous afin que nous puissions nous adresser à Dieu dès le matin avec foi.
« Tu demandes à l’humanité, Dieu Créateur, de se perfectionner de jour en jour, et d’achever par son travail l’œuvre immense ta Création. Aide-nous à faire que tous les hommes aient des conditions de travail qui respectent leurs dignités : qu’en s’efforçant d’améliorer leur propre sort., ils agissent avec un esprit de solidarité et de service.
Une prière modeste, avec des mots que tout le monde peut exprimer sans crainte et surtout dans l’humilité. 

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Le Verbe a pris en charge la descendance d’Abraham, c’est pourquoi il devait se faire en tout point semblable à ses frères et prendre un corps pareil au nôtre. Aussi Marie était-elle vraiment nécessaire pour qu’il prenne ce corps en elle et l’offre en notre faveur comme étant le sien. L’Écriture rappelle son enfantement et dit : « Elle emmaillotta son fils, le sein qui l’allaita fut déclaré bienheureux, et l’on a considéré qu’il est né d’elle comme pour l’offrande d’un sacrifice. L’archange Gabriel le lui avait annoncé en des termes bien choisis, il n’a pas dit de façon banale « Celui qui va naître en toi », pour ne pas faire croire que ce serait un corps introduit de l’extérieur, mais il a bien dit : « Celui qui va naître de toi », ce qui change tout et invite à croire que celui qui allait naître sortirait d’elle.
Bien entendu, le Verne ne sait pas transformer en chair, mais il a pris notre nature de par les mots même de l’apôtre saint Jean : Le verbe s’est fait cher ne signifie pas autre chose, ainsi qu’on veut le voir à des expressions analogues, par exemple chez saint Paul : le Christ s’est fait malédiction pour nous. L’union du Verbe à la nature humaine n’ajoute rien à la Trinité, tandis que le corps humain a reçu un grand avantage de sa communion et de son unité avec le Verbe : de mortel, il est devenu immortel, de purement humain, il est devenu spirituel, et lui qui vient de la terre, il franchit les portes du Ciel. Certes même après que le Verbe a pris corps en Marie, la Trinité demeure en Lui, sans condition ni diminution. Elle est toujours parfaite et totale. Dans la Trinité, on reconnaît l’unique divinité, et c’est ainsi que dans l’Église, on proclame un seul Dieu, le Père du Verbe. 
L’Église, que le Christ engendre comme son propre corps, est le signe de l’amour que la Trinité de Dieu porte à tous les hommes. C’est pour cela que, selon le mot du pape Jean-Paul II dans son exhortation apostolique « Les fidèles du Christ » N° 33, Marie se fait la servante du genre humain. Elle, qui naît de la Trinité, ne peut jamais oublier qu’elle est envoyée au monde, à chaque époque de son histoire, à ce monde qui lui offre des pierres vivantes où Dieu demeure dans l’Esprit. Chaque époque a ses priorités. Aujourd’hui, témoigner de l’amour de Dieu pour tout humain pourra être, entre autres engagements, faire respecter et défendre le droit inviolable à la vie : Défendre et promouvoir la liberté des droits de l’être humain, y compris dans sa liberté religieuse : Soutenir et développer la famille dans sa vocation propre.

la sainte trinité

Il peut aussi promouvoir la solidarité face aux plus proches comme aux plus lointains : Contribuer à l’authenticité et à l’efficacité de la vie politique nécessaire à la société : Situer l’humain comme but de la vie associative, économique, ainsi que de l’organisation sociale : Promouvoir la culture sous toutes ses formes par lesquelles se construisent, s’affermissent et grandissent l’humain et la société : Travailler à la paix dans le monde.
Ainsi, comme le rappelle Vatican II, dans « Lumen Gentium » N° 17 : « L’Église unie prie et travaille pour que le monde entier, dans tout son être, soit transformé en Peuple de Dieu, en corps du Seigneur et temple du Saint-Esprit, et que soient rendus au Christ, chef de tous les humains, au Créateur et Père de l’univers, tout honneur et toute gloire.
Tout cela est-il bien l’affaire de l’Église ? Ces engagements et ce foisonnement d’initiatives ont-ils à voir avec la fidélité de chaque chrétien à sa foi et à sa pratique religieuse ? Ils le sont certainement, même s’ils ne sont pas les seuls lieux où les fidèles du Christ consacrent de leur temps, de leurs possibilités, de leur cœur, de leurs dons personnels, seuls ou à plusieurs, au service des êtres humains en général. Une des chances, donc une des grâces, de la mission de l’évêque, est de voir actuellement tant de chrétiens ainsi engagés, de les y accompagner au nom même de l’Église.
Animateurs de paroisses nouvelles, catéchistes, accompagnateurs de jeunes ou de mouvements d’adultes, équipes liturgiques, ou pour la pastorale des familles en deuil, ou d’apostolat, sans oublier ceux et celles qui participent à la gestion matérielle de la paroisse, ni les jeunes qui consacrent leur temps à des groupes des plus jeunes ou à l'aide au Tiers-Monde, sont autant de facettes de l’Église que Dieu envoie. Combien sont-ils aussi connus ou inconnus, ceux qui donnent de leur avoir, de leur pouvoir même, pour que s’améliorent les conditions de vie de tant d’êtres humains de ce temps, isolés, souffrants, démunis ou sans aucun espoir ?
Aux côtés, bien sûr, des organismes d’hommes et de femmes, qui ne partagent pas la foi chrétienne, autant de disciples du Christ, engagés dans des organismes d’aide aux plus démunis, de rattrapage scolaire, de promotion sociale, d’associations de quartier, de fondations de prêts sans intérêts ou pour une aide technique, médicale, agricole, éducative, notamment que Dieu engendre et dans les pays en voie de développement. Elle foisonne d’engagements, d’initiatives, cette Église que Dieu envoie, avec les missionnaires, les religieux et religieuses, les prêtres, les diacres, les laïcs qui sont aussi engagés parce que brûle en eux et dans leur cœur l’amour même qui est en la Trinité glorieuse.

la sainte trinité

Dans toute cette foule en marche, c’est l’Église une, sainte, catholique et apostolique, qui vit, elle que ne cesse d’engendrer, pour le service des humains, la Trinité d’Amour.
Le propre de l’amour est de se communiquer. C’est le rôle de l’Église qui doit être communion, communication car elle est envoyée pour aller annoncer partout dans le monde l’Évangile du salut, le royaume de Dieu. Jean Paul II ne se trompait pas lorsqu’en s’adressant aux membres du synode diocésain à Nancy en 1988, il leur dit : « Vous êtes l’Église que le Christ envoie sur les chemins et les routes avec mission de propager la foi en annonçant l’Évangile, et vous devez chercher les moyens de mieux annoncer l’Évangile et de l’annoncer dans toutes les situations concrètes de la vie ». « Cet Évangile doit apparaître à tous, croyants ou mal croyants, comme une bonne nouvelle de l’amour de Dieu qui a envoyé son Fils pour sauver le monde, non pour le condamner, mais pour redonner espérance à ceux qui sont pauvres, opprimés, découragés, aveugles sur le sens de leur vie, prisonniers de leur fragilité ou de leur péché ».
Le mystère de la Trinité est « Bonne Nouvelle » pour aujourd’hui, comme il le fut hier et le sera demain. De tout temps le mystère de la foi n’a jamais changé et reste toujours d’actualité, quelles que soient les affres de la vie courante. Comme Marie qui n’a pas pu taire le mystère qu’elle portait en elle, nous sommes appelés à l’annoncer dans un enthousiasme qui n’exclut pas la discrétion, dans le respect de ce en quoi nous croyons. Dans notre monde où les personnes, les idées et les biens circulent intensément, cette annonce est une chance et une épreuve. Chance, car les voies romaines qui peuvent porter la « Bonne Nouvelle » sont innombrables.
Épreuves diverses, car la connaissance, la présence et l’impact des grandes religions, des idéologies et des philosophies de tous ordres interpellent l’originalité du message chrétien. Ces diverses religions et autres, insinuées par la calomnie, les fausses prophéties et les faux témoignages, des hérésies tellement édulcorées que pour des âmes singulières et sensibles la tentation est forte de se laisser, volontairement ou involontairement, piéger. Nous voyons encore de nos jours, et journellement, des exactions de tous genres au nom d’une certaine idéologie, religion, philosophie, dont le pragmatisme n’est plus à dénoncer.

Evangile selon Saint Matthieu

Pour remédier à toutes ces dérives, appuyons-nous sur les visages que l’ombre féconde de L'Esprit saint suscite à l’Église du Christ Vainqueur, qui sont  : Une Église vivante qui s’incarne et prend corps dans la Trinité, source de son éternelle jeunesse. Une Église pauvre et composée de pécheurs, mais docile à l’action de l’Esprit Saint qui la renouvelle et la sanctifie dans le sacrement de réconciliation, qui parle et la nourrit dans la célébration de l’Eucharistie. Une Église aux charismes divers, dont l’unique Créateur et Père, distribués par l’Esprit saint, pour constituer l’unique corps du Christ Une Église qui n’est pas de ce monde parce qu’elle a juré amour et fidélité à Jésus-Christ, mais qui est en ce monde pour l’exhorter au respect de la personne humaine et des droits de Dieu. Une Église soucieuse d’annoncer la Bonne Nouvelle de Jésus Sauveur sur les toits de la cité des humains. Une Église au service de ses frères et sœurs, d’autant plus qu’elle sert d’avantage et d’autant plus servante qu’on lui permet d’être plus libre. Une Église qui préfère l’humain aux choses et l’aide à croître jusqu’à ce qu’il atteigne la pleine stature du Christ. Une Église enfin qui va quotidiennement à la rencontre de son époux, dans les pauvres, chez les marginaux, qui souffrent ou qui se sont fourvoyés. Une Église qui débusque les racines du péché : avoir, savoir, pouvoir, et ce toujours plus… Une Église qui se compromet pour faire naître une humanité nouvelle. Une Église qui sert Dieu et l’être humain dans un même mouvement. Une Église qui rend compte de l’espérance qui est en elle, espérance qui lui donne un certain regard, une écoute affectueuse comme on écoute un cœur qui bat et palpite. Une Église de la modernité, passionnément ouverte à tous en ce monde voulu par Dieu, capable de croissance et de grandeur. Une Église dont la mission la plonge au cœur des désarrois et des ruptures de l’humanité selon la parole du père Claverie. C’est en cela que, par ses convictions, peut se résumer l’Église corps du Christ, qui témoigne que tout humain est aimé de Dieu et que Dieu confie l’être humain à lui-même afin qu’il prenne conscience de son état vis-à-vis de la collégialité d’où émane sa destinée.  

la sainte trinité

La Trinité, credo unique de l’Église chrétienne. Ce rappel par l’Église catholique de l’importance du mystère trinitaire conduit les Églises chrétiennes à resserrer leurs liens. La foi trinitaire est absolument commune aux Églises du Christ. Orthodoxes, protestants et catholiques fondent leur foi et leur annonce de Dieu sur le même credo. L’annonce passe donc par le témoignage de l’unité entre disciples du Christ. Mais le témoignage de leur unité est fragile, souvent brouillé par des ruptures anciennes ou par l’incompréhension. L’unité demeure un devoir impérieux. Elle est aussi une grâce de réconciliation, de fidélité, pour le service du monde. « Qu’ils soient un, comme Toi et Moi nous sommes un, pour que le monde croie. » Aucun disciple du Christ ne peut esquiver cette logique trinitaire.
« Gloire à Toi, Trinité Sainte, et aux captifs liberté… » Ceci est la devise d’un ordre fondé par un prêtre, Jean de Matha, né en 1154. Ce n’est qu’une fois ordonné prêtre qu’il fondera son œuvre aux environs de 1190. Il grandit dans la vallée de l’Ubaye, marqué et imprégné des histoires que l’on racontait à cette époque.
Il s’agit bien sûr des croisades faites en terre sainte, des razzias opérées contre les Sarrasins, des luttes et des batailles, qui tantôt vainqueur, qui tantôt vaincu, et pour convaincre plus de gens de servir en terre sainte, des misères que subissent les chrétiens emprisonnés dans les geôles barbaresques, avec bien entendu plus d’atrocités commises du côté sarrasin, les chrétiens gardant la bonne part, comme par hasard.
Ordonné prêtre, il a, semble-t-il, une vision, où il voit le Christ ressuscité tenant à sa gauche un esclave noir, et à sa droite un esclave blanc. Cette vision devint le symbole du charisme de l’ordre de la Sainte Trinité et des captifs qu’il va bientôt fonder. Sa devise : « Gloire à Toi Trinité Sainte et aux captifs la liberté ». (Magnifique devise inspirée du Christ lui-même). À partir de là, une intuition profonde guide le fondateur : entrer dans le mouvement de l’amour de Dieu et vivre de l’amour trinitaire. Tout humain saisi par le Christ est conduit à entrer dans l’amour de Dieu, à devenir son enfant, à accepter d’être de plus en plus au Christ. Voilà la pâque, le passage à la suite du Christ vers le Père. 

la sainte trinité

Entré ainsi dans l’Amour trinitaire, tout humain qui se respecte devient capable d’entendre la souffrance et les cris de liberté de ceux qui restent encore captifs de leurs désirs égoïstes, de la maladie, de la drogue, et de toutes sortes de vilenies, de monstruosités, méchancetés et outrages, qui encombrent le cœur de tous les humains. La lente et longue marche vers cette délivrance se fera dans le temps, avec toute la sagesse que l’Esprit Saint développera en chacun de nous.
Aujourd’hui, rendons grâce à Dieu, la famille trinitaire compte plus de six cents religieux, plus de trois cents moniales, environ deux mille cinq cents religieuses, entre quinze et vingt mille laïcs engagés, dans les divers mouvements qui se sont créés par la suite, plus de deux cent cinquante mille amis et collaborateurs, présente dans trente-deux pays à travers le monde, et agit là où sévissent encore la persécution, la torture, et les outrages de toutes sortes, ainsi que toutes les formes d’esclavage, diverses et variées, qui subsistent encore. À l’aube des années deux mille, elle a fondé une ONG : « SIT » Solidarité internationale trinitaire.
En France, après deux siècles d’absence, trois maisons de la Trinité ont vu le jour depuis 1973. Les Trinitaires travaillent auprès des prisonniers, des malades du sida, des personnes prostituées, et de celles qui souffrent de l’alcoolisme et de toxicomanie.
Ceci termine le chapitre 6 sur la Sainte Trinité.

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